Rapport « Sauvé »… Et maintenant ?

Il y a quelques temps, nous vous parlions de l’onde de choc causée par les conclusions du rapport « Sauvé ». Une enquête qui mettait en exergue des actes de pédophilie de certains « hommes de Dieu » et affiliés de l’Eglise catholique.
330 000 milles cas d’abus sexuels et violences sexuels qui ne devraient pas laisser l’Eglise et l’opinion public indifférentes. Des actes ignobles dénoncés mais dont on sait que le nombre de victimes est bien en deçà de la réalité. Car il faut bien le dire, nous n’avons pas les réels chiffres (si l’on devait comptabiliser les prêtres européens et africains exerçant en Afrique).

Alors oui nous revenons dessus, comme on reviendrait nettoyer une plaie plusieurs fois car la plaie est encore ouverte et saillante. Nous revenons dessus parce que suite à ce rapport, la question est de savoir que va maintenant faire l’Eglise?
Le pape François, chef de l’Eglise catholique, a demandé pardon, mais que font les autres, que font les évêques ? que font les familles des victimes qui pour certaines ne croyaient pas les dires des enfants? En réalité que fait notre société? Devons-nous juste nous contenter d’un simple pardon sans tenter de tuer ce problème si grave?

Pas moins de 45 recommandations ont été préconisées aux évêques et religieux par la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique (CIASE) et cela dans le but d’en tirer les conséquences et surtout d’éviter que cela ne se reproduise. Mais est-ce suffisant ?
Tout comme la commission « Sauvé » nous pensons aussi que l’Eglise : l’institution doit endosser « une responsabilité à caractère à la fois individuelle et systémique » (cf rapport Sauvé ) et cela pour une réelle justice, si nous pouvons parler de justice. Parce que bien malheureusement, certains bourreaux pédophiles n’étant plus de ce monde ne pourront répondre de leurs actes. Sans compter la fameuse prescription lorsqu’il s’agit de fait datant de plus de 30 ans. Et ne parlons même pas de ces criminels qui continuent de poser ces actes abjects sur les enfants.

Le pire c’est qu’il semblerait qu’il y ait des désaccords concernant les moyens et les formes à mettre en œuvre pour lutter contre ses dérives. Comme si tout cela était négociable !
Des travaux sont en cours nous dit-on, notamment sur les questions de financement pour les indemnités à verser aux victimes avec la mise en place d’un fonds financier ou encore la création d’un tribunal pénal canonique national.
Nombreux autres points seront certainement discutés lors de la Conférence des évêques de France (CEF) qui tiendra son assemblée plénière à Lourdes du 2 au 8 novembre 2021. Chose étonnante Jean-Marc Sauvé président la commission dont le rapport tire son nom « Rapport Sauvé » n’y est pas convié. Encore une nouvelle contradiction. Chacun réussira-t-il enfin à se regarder en face pour s’occuper des victimes?

Espérons juste qu’il ne s’agira pas d’une énième assemblée où ces hommes d’Eglise refuseront d’affronter de manière réelle la vérité et arrêteront de se voiler la face sur un phénomène et des actes aussi abjects dont on connaît l’existence depuis trop longtemps.

Nous les observons de près car nous attendons de vraies décisions.

Armelle M.
https://simpleconstat.com/ 

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